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Archives de la bibliothèque

C’est Cassini IV, dernier en date de la dynastie des astronomes qui ont fondé et dirigé l’Observatoire, qui a créé en 1785 la Bibliothèque de l’Observatoire de Paris.

Dans son projet de restauration de l’Observatoire présenté le 13 mai 1784 au baron de Breteuil, ministre de la maison du roi, Cassini IV fait figurer en bonne place la création d’une bibliothèque. Ce projet, soutenu par le baron de Breteuil, et le comte d’Angiviller, ministre des bâtiments du roi, fut agréé par Louis XVI, malgré le rapport défavorable fait par la commission de l’Académie des sciences réunie à cet effet dans la séance du 4 août 1784.

Dans le règlement du 26 février 1785 portant réorganisation de l’Observatoire Royal, un chapitre est consacré à la Bibliothèque qui arrête et précise diverses dispositions pour son fonctionnement et sa bonne administration (articles 29 à 33) : Composition du fonds (livres d’astronomie ou de géométrie appliqués à l’astronomie), inventaire et catalogue, droit au prêt, enregistrement, durée, réclamation, heures d’ouverture d’été et d’hiver, rapport annuel au ministre portant justification des dépenses

L’allocation annuelle de 600 livres, déplore Cassini IV, est plus que suffisante pour le fonctionnement régulier de la bibliothèque mais tout à fait dérisoire pour en constituer les collections. Face à cette situation, Cassini IV fait don d’une partie de sa bibliothèque personnelle et obtient du baron de Breteuil l’autorisation de tirer profit d’un nouveau tirage de la Carte de la Lune de son arrière grand-père pour enrichir les fonds. Les archives sont considérées comme faisant partie intégrante de la Bibliothèque et même comme le cœur de ses collections avec les journaux d’observations faites à l’Observatoire royal de 1671 à 1791.

La Révolution française n’arrête pas la formation de la bibliothèque, bien au contraire. L’État de la bibliothèque de l’Observatoire royal de Paris au 1er avril 1791 recense 285 volumes parmi lesquels la collection complète des 76 volumes des Philosophical transactions, les œuvres d’Hevelius, les mémoires des académies de Berlin, Vienne, St-Petersbourg, Uppsala…, le Journal des Savants. Deux ans plus tard, l’inventaire remis par la Commission des arts du Comité d’instruction publique au citoyen Perny, directeur temporaire de l’Observatoire de la République, fait état de 574 volumes.

Des incertitudes subsistent quant à l’emplacement premier de la Bibliothèque. Peu après sa création une partie des collections auraient été installées dans les salles contiguës à la grande salle méridienne, côté nord-ouest. En 1692, ces salles avaient été partagées en deux étages pour abriter, en bas les machines de l’Académie des sciences, et en haut, un appartement. Après le transfert des machines au Jardin du Roy, le dépôt de la Carte de France de Cassini IV y avait été installé en 1757 et il y resta jusqu’en 1787, date à laquelle il fut transporté rue Maillet, dans la maison de Cassini.